Quel avenir pour le plus fort club Français ?

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Pour Jean Paul Mercier c'est la fermeture du club:

Le Nao Chess Club, fer de lance des échecs tricolores, a déménagé. Où ? Nulle part pour l'instant. Mais on ne dira plus "le club de l'Avenue Foch" car les locaux ont été fermés, le matériel placé en garde-meuble. C'est fini. Entre "déménagé" et "fermé", il n'y a que les salariés qui font la différence. Pour l'instant, les salariés ne sont pas licenciés. La décision, si décision il y a, sera prise en septembre. Malgré les dénégations truffées de fautes d'orthographe et d'approximation du grand maître Nataf, les "soit-disant" journalistes avaient vu juste. D'ailleurs, le jour de la parution de mon petit article dans "Libération", les chèques des joueurs professionnels appointés sont arrivés au club. "Simple coïncidence" me dit-on au Nao, avec une certaine colère. " Et de quoi vous mêlez-vous ? " ajoute le dirigeant principal du club.

Oh, de rien.
Beaucoup de gens sont intéressés par la destinée de ce grand club, figurez-vous, et pas seulement pour tirer sur l'ambulance ou se moquer d'une millardaire à la fortune d'origine douteuse. Quelle fortune n'est pas douteuse, d'abord, et tout dépend, l'heure du jugement dernier venue, de la manière dont on en a profité. L'homme le plus riche du monde, Bill Gates, semble avoir compris son destin d'homme sur le tard, et son association caritative ne suscite qu'admiration et approbation unanimes. Mme Ojjeh (en photo), présidente et mécène du Nao Chess Club de Paris, est fascinée par le rayonnement de la culture, plus spécialement des arts et des lettres français, et elle finance à fonds perdus - évidemment - de nobles causes. Sur ce point seulement, si mon avis de joueur d'échecs journaleux a une quelconque importance, je rejoins le soit-disant mise-au-pointeur Nataf pour saluer une attitude digne d'éloges. Il reste à savoir pourquoi Mme Ojjeh souhaite se désengager, partiellement ou en totalité, et nous le lui avons demandé officiellement, sans être parvenu à la joindre directement.

"Libération" et le "Nao" connaissent quelques similitudes dans leur destin, et ce n'est pas forcément pour faire du sensationalisme ou ricaner sous cape que l'on souhaite recueillir des informations sur eux. Il y a peut-être, un peu partout en France, des amis ou sympathisants qui veulent se manifester, verser une larme ou oeuvrer dans le bon sens pour la sauvegarde de notre culture, qu'elle soit journalistique ou échiquéenne.

Article paru dans libération et sur le blog libération

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