Trouver le meilleur coup possible ...

Publié le par Marius, rédacteur d'ECHECS et PATRIMOINE

Méthode de reflexion : Evaluation et coup candidat

Une partie d'échecs est composée de plusieurs phases où chaque phase correspond à une succession de coups tactiques forcés.

Au début, ou à la fin d'une phase, nous sommes dans une position critique où il faut prendre une décision qui peut amener une nouvelle phase. Avant de prendre cette décision, il y a plusieurs étapes à franchir. Tout d'abord, il faut évaluer la position afin de diriger son action, ensuite, lorsque notre plan est donné, il faut, pour chercher le meilleur coup possible, calculer les variantes.

 

Une position critique correspond à un changement de matériel sur l'échiquier (une prise), donc à de nouveaux rapports de force :
C'est pour cela qu'il faut procéder à un travail d'évaluation de la position obtenue.

 

    

 

Evaluer une position :

* La première chose à faire est un simple calcul de qualité en sachant que :

Dame = 9 pts ; Tour = 5 pts ; Fou et Cavalier = 3 pts ; Pion = 1 pt et éventuellement, Roi = 2 pts.

* Ensuite, on peut appliquer une méthode mise au point par le GMI Iossif Dorfman.

 

1) Position du Roi :

Est-il bien protégé par ses pièces ? N'est-il pas trop exposé ? En finale, quelle est son activité (centralisation du Roi ...).

2) Rapport matériel :

Au niveau des pièces présentes, à valeur égale (nombre de point), il y a des associations qui peuvent être supérieur à d'autres. En règle générale : La paire de Fous est supérieure à la paire de Cavaleier ou à l'association du Fou + Cavalier (un Fou de cases noires est efficace si  nos pions sont sur cases blanches, et un cavalier est actif sur une case forte centralisée). Les autres cas :

L'association Dame + Cavalier est supérieure à Dame + Fou.  

L'association Tour + Fou est supérieure à Tour Cavalier.

C'est la dualité des forces présentes sur l'échiquier.

3) Echange de Dames :

Il faut essayer de se demander pour qui serait favorable l'échange des Dames. C'est une question plus facile à se poser vers la fin de partie (difficile à juger au début de la partie).

4) Structure de pions :

La structure de pion détermine souvent la stratégie à adopter. A des ouvertures données correspond une structure de pion caractéristique. Ici, il s'agit d'évaluer les points faibles et les points forts de chaque structure. Par exemple, on peut avoir :

- Les pions doublés : ils peuvent être une force ou une faiblesse selon qu'ils se trouvent sur les colonnes c, d, e ou f, ou sur les colonnes a, b, g ou h. Ils sont un handicap de plus en plus important au fur et à mesure que l'on approche de la fin de partie.

 - Le pion isolé : il devient une force si on arrive à le pousser. S'il est stoppé, ou si on approche de la fin de partie; il devient une faiblesse ...

 

Ces quatre points importants, dont il faut respecter l'ordre, réalisés, on devrait pouvoir estimer si on a obtenue une position supérieure ou inférieure. Dans le cas d'une position supérieur on s'efforcera de jouer des coups statiques. C'est à dire qu'on ne provoquera pas de positions critiques puisque celle-ci risque d'amener une modification des rapports de force. Dans le cas d'une position inférieure, on s'efforcera de jouer dynamique. C'est à dire qu'on va chercher à modifier les rapports de force à notre avantage, donc à amener soit des échanges de pièces, soit une modification de la structure de pions, ou même de nouvelles dualités dans le matériel en présence. On calculera pour cela une série de variantes tactiques.

 

Calcul des Variantes et coups candidats :

En premier lieu, il faut sélectionner des coups candidats. En général, on en choisit 3 ou 4 qui nous emblent les meilleurs. A chaque coup on calcul ensuite la ou les suites tactiques impliquées. Dès qu'on arrive à une nouvelle situation critique, on arrête notre calcul et on juge la position obtenue (tout ça mentalement). Si les coups sont forcés, le calcul peut être assez long (10, 15 coups), mais en règle générale on s'arrête assez vite.
- Si la position obtenue nous semble bonne, on retient le coup candidat.
- Si la position obtenue nous semble plutôt floue, on retient le coup si il n'y en a pas de meilleur.
- Si la position obtenue est mauvaise, on élimine ce coup.

Enfin, il ne faut jamais oublier de chercher à empêcher le contre-jeu adverse dans nos calculs.

 

 

Quelques finales :

En finale, lorsqu'on est moins bien, il est important de procéder à des échanges de routine pour simplifier la position. Avant de jouer la position, il faut faire appel à nos connaissances, c'est à dire à l'expérience d'une part et à des schémas types d'autre part.

 

Retrouverez la méthode Dorfman avec des parties dans les anciens numéro d'Europe Echecs.

D'autres méthodes existent (O'Kelly) qui feront l'objet d'un prochain post.

 

Les armes de notre arsenal sur CapaKaspa

* Trouver le meilleur coup ... Article proposé par Marius

Publié dans Les DOSSIERS

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Pamplemousse 03/12/2014 23:37

Pourquoi attribuer une valeur au roi étant donné qu'il ne peut disparaître de l’échiquier ?