L'interview du responsable technique du club de Clichy: Jean Baptiste Mullon

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Jean Baptiste Mullon: Responsable technique et capitaine des équipes du Club d'échecs de Clichy (Vainqueur de la coupe de France 2006)

1.Présentez-vous:

J’ai 28 ans, célibataire, originaire d’un bled proche de La Rochelle qui s’appelle Surgères, j’ai fait mes études à Poitiers (licence d’histoire contemporaine) puis Bordeaux (une tentative de maîtrise noyée dans la manzana). J’ai commencer à travailler dans le milieu des échecs à 22 ans dans le club de Sautron, un club de jeunes. Ce fût une excellente expérience avec beaucoup de joies mais aussi beaucoup de peines. Quatre années plus tard, il m’a fallu réfléchir sur la suite à donner à ma vie professionnelle. C’est Jean-Claude Moingt et Laurent Vérat qui m’ont convaincu de rester dans les Echecs, en m’impliquant intensément dans la campagne électorale et en me proposant la relève de JCM au club de Clichy.

2.Présentez-nous le club de Clichy ? (les salariés, les bénévoles, les locaux, les tournois organisés…)

Le club de Clichy est un monument des Echecs français qui jouit d’une bonne réputation à juste titre. Il possède un soutien très fort de la Mairie qui finance la plupart des activités du club. On fait vraiment partie des meubles dans cette petite ville de proche banlieue. Nous possédons des locaux personnels construits sur nos plans, situés au milieu d’un quartier difficile. Le club possède trois salariés à temps plein et une petite dizaine de vacataires pour les cours dans les écoles de la ville. Nous tournons au dessus de 200 adhérents chaque année dont une cinquantaine sont des membres très présents (le club est ouvert tous les jours de la semaine). Il faut y ajouter tous les scolaires, et le résultat fait que nous sommes une association de poids dans la ville.

Le club est l’un des plus titrés de la fédération avec huit titres de champion de France par équipe, trois fois chez les femmes, six coupes de France et de nombreuses participations en Coupe d’Europe. Nous organisons régulièrement des forts tournois fermés et des phases de championnat de haut niveau. Nos adhérents nous poussent à organiser des évènements plus « populaires ». Nous allons bientôt y penser sérieusement.

Chez les jeunes, le club alterne  des saisons en N1 et en N2 et malgré le passage de très forts jeunes (Maxime Vachier-Lagrave, Jules Moussard, Igor Nataf entre autres) il me semble que ce sera notre dernier grand chantier pour devenir un club d’exception. A ce titre, nous avons rappelé Olivier Renet pour nous aider à restructurer le secteur jeunes dès cette saison.

3.Parlons des équipes : Votre club a remporté la saison dernière la coupe de France face au NAO Chess Club. L’équipe première termine 3e du top 16. L’équipe féminine s’incline en demi-finale face au vainqueur Evry. L’équipe 2 accède à la Nationale 1 et l’équipe première jeunes s’est maintenue en Nationale 1 jeunes. (Félicitations pour ce bilan plutôt positif !! Je dois m’adresser à un capitaine heureux !!)

·         Vos objectifs globaux ont-ils été atteints ?

En Top 16, la 3ème place en soi ne reflète pas notre saison. Ce qu’il faut voir, c’est que nous accompagnons NAO et Monaco en haut du classement, très loin devant les autres. Dans nos confrontations directes, malgré une infériorité théorique, nous sommes vraiment passés tout près. Contre NAO, on perd 1-0 (je n’avais jamais vu un tel score…) et la seule partie perdue l’a été sur le seul échiquier où nous étions gagnant. Sophie Milliet (la perdante) ne savait plus où se mettre. Bien sûr on ne lui en voulait pas, mais malgré tout, elle s’est sentie obliger de se reprendre et elle a gagné 10 matchs consécutifs avec nos équipes. Ce comportement, selon moi, reflète très bien l’état d’esprit que j’ai voulu donner à l’équipe après quelques années décevantes. Nous sommes très fiers des joueurs qui composent nos équipes professionnelles. Avec ce score inversé contre NAO, nous perdons tout simplement le titre ! Mais avec des si, on pourrait refaire le monde, et je dois avouer que NAO, encore une fois, mérite son titre 2006.

Nos objectifs globaux ont été atteints. Il nous fallait réussir dans toutes les divisions, toutes les compétitions. C’est la première chose que j’ai comprise à mon arrivée.  A Clichy, il existe une formidable culture de la gagne. Donc pour 2005-2006, il fallait faire une saison pleine, avec un titre majeur. Il nous aura fallu attendre le dernier jour de la saison pour l’obtenir, au Sénat, contre NAO !!

·         Pouvez-vous nous faire revivre la finale de la coupe de France face au club de NAO Chess Club ?

C’est un jour particulier pour moi. Mon pire souvenir sur le plan personnel et mon meilleur sur le plan professionnel.

Le règlement nous obligeait à aligner un deuxième joueur français en plus de Manuel Apicella. Christian Bauer, Amir Bagheri et Jean-René Koch étaient tous les trois absolument indisponibles pour des raisons différentes. J’étais le suivant sur la liste. J’avais donc décidé de ne pas m’écarter et de m’auto-sélectionner logiquement. J’étais très excité à l’idée de jouer au milieu de ces joueurs prestigieux. Pour cela, j’ai préparé cette partie jour et nuit pendant une semaine, en ciblant ma préparation contre Nataf, qui prend quasi-systématiquement les blancs dans les matchs importants. Et là, c’est le drame… Devant cent spectateurs, les internautes et mes coéquipiers, mon adversaire décide de jouer 1.a3 après un quart d’heure de réflexion… Je prends une grosse claque. D’abord car ma préparation n’a servi à rien et surtout parce que si je perds, on ne sort pas indemne d’une partie où votre adversaire vous a méprisé dès le premier coup. Ajoutez à cela la tension du match, l’enjeu… Bref j’ai perdu mes moyens, joué un plan très moyen, et gaffé très vite. Honnêtement je devais abandonner la partie au dizième coup. La seule raison qui ma poussé à continuer, c’est faire disparaître le premier coup d’Igor sur l’écran géant. La déchéance, quoi ! La suite de la partie a failli me donner raison, car Igor a raté des occasions pour finir vite. Je précise que même si je pense que Nataf n’aurait pas dû commencer la partie par un coup négligeant, je ne lui en veux plus, il y a plus grave dans la vie.

Heureusement, mes partenaires ont fait un match parfait. Manu avait à cœur de se venger contre Maxime après sa défaite de Chartres. La partie était tendue mais Manu a dans l’ensemble mieux jouer que son adversaire. Pavel Tregubov fait régulièrement de bonnes nulles avec Etienne, et ce fût encore le cas.

Il restait la partie entre Naidistch et Joël Lautier. Lorsque j’ai quitté la cabine des commentaires, j’ai regardé la position qui allait décider de tout. J’ai tout de suite su qu’Arkadij allait gagner cette position. Ce jeune allemand est une vraie machine, un vrai tueur dans ces situations. Je lui ai rappelé le règlement en cas de nulle de sa part. Il ne m’a pas laissé finir ma phrase !

Nous avons fêté dignement cette victoire qui nous a donné beaucoup de baume au cœur après des années de domination totale du NAO. J’ajoute que nos adversaires ont été d’un fair play exceptionnel et qu’il régnait lors de la cérémonie une atmosphère étrange, empreinte d’un immense respect mutuel entre les deux clubs, à l’heure où les difficultés du NAO n’étaient plus un secret.

·         Avec l’arrivée de Laurent FRESSINET, de la championne de France Almira SKRIPCHENKO, et de Dmitry JakovenkoQuels seront les objectifs fixés pour la prochaine saison ?

Je ne situe pas forcément les objectifs de l’équipe de TOP 16 sur une saison. Nous cherchons chaque année à être les plus forts possibles, avec nos moyens, point final. Avec l’arrivée du Chess XV, la reconquête du titre sera rude. Nous devrons forcément être dans les deux premiers. Dans le cas contraire, ce sera un échec. Mais puisqu’un objectif doit toujours être optimiste, disons le, nous voulons être champion !

Chez les filles aussi, bien sûr. Avec Almira, Antoaneta Stefanova, Sophie Milliet, Emilie Marchadour et Sophie Bujisho, nous serons les favoris. Et je suis sûr que nous aurons beaucoup de supporters car selon moi c’est également l’équipe la plus charmante du paysage français! 

Enfin, comme je le disais précédemment, notre grand chantier de 2006-2007, c’est les jeunes. Il faut repartir de la base et donner une véritable structure durable à notre formation. Il n’est pas concevable qu’on ne soit pas dans les meilleurs clubs formateurs avec l’immense base scolaire que nous avons et la qualité de nos entraîneurs.

 ·         Présentez nous vos principaux renforts (Laurent FRESSINET, Almira SKRIPCHENKO, Dmitry Jakovenko, Arnaud Rainfray et Romain Edouard ?

Ok.

Tout le monde connaît Laurent Fressinet. Le vice-champion de Besançon est l’un des GMI les plus populaires en France car très simple et très disponible. Nous nous connaissons depuis tout jeune et je suis très heureux qu’il nous rejoigne cette saison. J’aurais beaucoup réfléchi si les autres joueurs français de l’ex-NAO avaient voulu rejoindre Clichy (je parle de l’intérêt pour le club en rapport avec le coût). Pour lui, il m’a fallu une seconde. Sa venue est très cohérente puisqu’il compte déjà des bons amis dans l’équipe.

L’arrivée de sa compagne Almira Skripchenko est également une excellente nouvelle pour nous. Elle a rendu son retour au club très facile en admettant immédiatement ne pas vouloir faire d’ombre à Sophie, que nous ne voulions abandonner pour rien au monde (c’est relatif Sophie, pas besoin de demander une augmentation ! ;o) ).C’est une chance pour nos équipes et un honneur pour le club et pour la ville, qui jouit de son image médiatique.

Dmitry Jakovenko (2670) est plus méconnu. Il est très jeune et je l’ai repéré quand il a scalpé Grischuk lors du match Tomsk-NAO de l’an passé. Par la suite, il a terminé troisième au championnat de Russie. Il est en pleine progression et ne joue quasiment que dans son pays. Lorsqu’il aura des invitations dans les grands tournois, je suis sûr qu’il fera un carton.

Arnaud Rainfray est un des anciens grands espoirs de la FFE. Il est jeune, MI, mais a décidé de privilégier ses études de droit dans lesquelles il est très brillant. C’est un de mes amis proches et c’est dans ce sens qu’il viendra renforcer notre équipe de N1 après un an passé aux USA. Arnaud a maintenant le profil d’un fort amateur, comme tous les joueurs qui composent notre deuxième équipe. Il s’intègrera vite.

Quant à Romain Edouard, à l’heure où tu me poses la question, j’ai du mal à répondre sans émotion, puisqu’il vient d’être sacré champion d’Europe B U 16. Lorsque j’ai quitté le sympathique club de Poitiers pour rejoindre Bordeaux, j’ai tout juste eu le temps de voir arriver à la fameuse école d’échecs de Madeleine Dinet ce petit bonhomme avec les yeux qui pétillent. Il était déjà le roi du blitz à 4. J’ai suivi de loin sa petite progression au côté du joueur qui a fait progresser tous les joueurs du Poitou, Bruno Bouvier. Il est arrivé à 2000 élo en 2002 ou 2003. J’ai rencontré son père lors d’un tournoi de parties rapides à Marennes et je lui ai proposé de rejoindre mon club, Sautron, pour accélérer la progression de Romain. A cette époque, il avait à peine sa place en N1, et en tous cas, il était nettement moins fort que son compère Axel Delorme. Je pense que c’est là que tout a vraiment démarré. Au contact de Yannick Berthelot, Andrei Istratescu ou moi-même, il a pris une autre dimension (bien entendu les trois joueurs cités ne travaillaient pas dans le même domaine, mais tous à leur manière !). Lorsque le groupe d’amis qui jouaient à Sautron a décidé de quitter massivement le club, Romain est parti sur mes conseils à Montpellier, qui l’a très bien accueilli. Parallèlement, il s’entraîné de sa propre initiative avec Olivier Renet qu’il a rencontré au sein de l’équipe de France Jeunes. Le contact est tout de suite passé, et là encore, ce fût la vitesse supèrieure. Au mois de juin dernier, j’ai eu très envie de le recruter à Clichy pour le Top 16. J’ai senti qu’au bureau du club, l’idée avait surpris. Et même si dès le mois de juin, le Bureau m’avait fait confiance, je pense que l’idée paraît moins surprenante aujourd’hui !!

Il a été logiquement sacré champion d’Europe il y a quelques jours, et Dieu qu’il le mérite. Je suis très fier d’avoir pu apporter une petite contribution à ce succès et très fier de lui, comme doit l’être son infatigable papa, toujours présent sans être collé à la table !

Il a le profil d’un futur très grand champion, à tout point de vue. Mais il devra encore travailler dur et nous ferons tout pour l’y aider. Je crois que l’exemple de Maxime Vachier-Lagrave l’a beaucoup aidé.

·         Quel est environ le budget alloué au Top 16, au championnat de France Féminin par équipe, et pour la Nationale 1 ?

Le budget du club est aux alentours de 200 000 euros. La part réservée aux équipes pro est importante mais ne nous serait pas donnée par la Mairie pour d’autres buts. C’est une réponse traditionnelle aux questions sarcastiques des gens qui pensent que les clubs dépensent trop pour le Top 16. Nous ne sommes pas dans ce cas là.

4.Les instances: Quelques mots sur la politique menée par la FFE ? Quelle est votre réaction après la réélection Ilyumzhinov à la présidence de la FIDE ? Votre sentiment sur le match Topalov - Kramnik ? Votre favori ?

La politique fédérale me séduit beaucoup. Malgré mon jeune âge, j’ai connu la très longue époque Loubatière, et tout ce qui a été fait à cette période. Pour moi, l’élection de JCM est une grande chance pour la FFE, pour se développer sur les bases posées par l’ancienne équipe. C’est une occasion exceptionnelle de passer à la vitesse supérieure, comme le prouve les récents partenariats. L’équipe a une vision à long terme et à grande ampleur. Alors bien sûr, certains ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et en appelle à Voltaire et autres souvenirs de guerre lorsque quelque chose cloche.

Surtout, l’équipe en place cherche à développer des structures sportives pour notre fédération, au même titre que les autres grandes fédérations sportives. Il y a beaucoup de boulot, tant les esprits sont figés sur les anciennes images. Je me mets dans le lot, d’ailleurs ! JCM a une énergie débordante et beaucoup d’envie, je suis sûr que la majorité reconnaîtra bientôt les grands progrès de la FFE. Pour être très honnête, je pensais réellement que JC était plus motivé par la conquête du pouvoir que par sa gestion. Je me suis trompé, c’est tant mieux !

En ce qui concerne la Fide, c’est déplorable. Je préfère ne pas y penser. Je connaîs de grandes sociétés prêtes à injecter des fonds pour les échecs, mais dès lors qu’il s’intéresse au haut de la pyramide, il n’y comprenne plus rien et s’aperçoive que la Fide est aux mains d’un personnage très controversé. Je suis allé à Turin peu de temps après les élections. J’ai vu ces gens, j’ai vu leur comportement. Franchement, c’est à vomir… Valises de billets, prostituées kalmoukes et bouteilles de champagne, bonjour l’ambiance.

Tout le monde le sait et personne ne bronche.

Néanmoins, j’ai trouvé le programme de Bessel Kok très flou. Il disait pouvoir amener des fonds, mais personne ne savait par qui ni comment. Je comprends donc que sa candidature n’ait pas séduit. Mais j’aurais préféré un dénouement, disons, plus démocratique…

De manière moins politiquement correcte, je peux ajouter que j’ai un avis différent de celui de Léo. Quand les opposants auront un vrai candidat, avec un vrai programme, le pouvoir ne pourra être pris par d’autres moyens que la corruption. Mon avis est qu’il faudra le faire sans scrupules. Et seulement après, instaurer un vrai régime démocratique dans cette institution. Ou alors, il faut abandonner l’idée. Car à l’heure actuelle, il y a des fédérations qui ne comprennent que ça, c’est un fait accompli. Ca ne servira à rien d’expliquer au représentant des îles Vierges qu’il doit oublier ses 50 000 dollars mais penser à un plan de formation des jeunes pour sa fédération.

Je comprends que nos dirigeants n’ont pas le droit de dire la même chose que ce que je raconte, mais je pense que c’est la seule solution. Et c’est avec de bons sentiments. La Fide est tellement pourrie que plus aucun processus démocratique ne fonctionnera jamais.

Le match Topalov-Kramnik est déjà plus plaisant à discuter. J’adore les deux joueurs. D’un point de vue technique, je préfère le style de Topalov, mais spécialement pour ce match, ma préférence va à Kramnik, car ce grand joueur a subi pas mal de problème de santé, des quolibets sur ses désistements répétés, et je trouve que le monde échiquéen lui a manqué de respect. Je souhaite qu’il prouve à la planète entière quel champion il est toujours.

5. Arbitrage : A votre avis, quelles sont les qualités dont doit faire preuve un bon arbitre ?

Aaah, bonne question. Tout simplement, comme dans d’autres sports, un bon arbitre est un arbitre qu’on ne remarque pas. J’ai tellement d’exemples contraires dans les Echecs… Des arbitres qui tentent de s’accorder une grande importance… Heureusement, le contraire existe aussi, je pense à un parfait exemple : Nadir Bounzou, dans l’île de France.

Avez-vous déjà eu des soucis avec un arbitre dans votre carrière?

A l’occasion d’une partie, pas à ma connaissance. Avant une remise des prix oui.L’arbitre principal de l’Open A à Besançon 1999, ne cautionnait pas ma tenue pour la cérémonie qui était pourtant, je vous l’assure, la plus clean possible. S’en est suivi une engueulade monstrueuse dans le bureau de l’arbitre et une main que j’avais laissée tendue devant tous les spectateurs, Karpov, etc… Je crois qu’il ne s’en rappelle plus, mais moi, je m’en souviens !

6.Que représentent pour vous les échecs ? Que vous procurent-ils?

Très longtemps, les Echecs ont pris une place immense dans ma vie. C’est un jeu très prenant, très ingrat et très difficile. Mais chaque victoire, chaque moment de bonheur, vient couronner des efforts et c’est ça qui est bon ! Depuis quelques temps, disons un an ou deux, j’ai bien plus de recul. Avant, j’aurais tué pour une partie. Ce n’est plus le cas désormais. C’est vraiment pour le plaisir. J’avais d’ailleurs la réputation d’un joueur difficile du point de vue du comportement. Ce n’est plus le cas maintentant, et d’ailleurs, mes résultats s’en ressentent. Pourtant j’ai eu en juillet dernier le meilleur classement de ma vie (2375). Un dernier soupir ? Non j’espère que non. J’espère qu’avec mon expèrience, je trouverais à un moment l’énergie pour devenir MI. Ce sera déjà pas si mal, non ?

Au delà du jeu lui même, j’ai la plupart de mes proches amis dans ce milieu. Donc naturellement, les Echecs occupent une bonne partie de ma vie.

7.Quelle est l’anecdote la plus insolite que vous ayez vécue aux échecs ?

Hmmm… Bon, je vais rester dans le politiquement correct ;) . Par exemple, j’ai eu deux grands moments de solitude dans ma vie échiquéenne.

Il y a quelques années, en rapide, contre Laurent Fressinet justement, j’avais deux tours, un fou et quatre pions contre la dame… J’ai commencé par rater mat en trois coups puis j’ai tout rendu et perdu. J’étais furieux (c’était ma période Leyton Hewitt), et j’ai quitté la table comme une furie (il m’avait déjà arnaqué des tonnes de fois). En voulant exploser les portes battantes, je me suis aperçu trop tard que ce n’était pas les bonnes, et je me suis fracassé la tête. Un grand moment donc…

Ou encore, il y a un an, en Top 16. Alberto David jouait contre un joueur vraiment très incorrect. A un moment donné, alors que ce joueur faisait à Alberto tout ce qu’il est possible de faire, il va se plaindre à l’arbitre qu’Alberto a quitté l’aire de jeu (je savais que c’était pour prendre l’air frais, ce qui n’était pas vraiment le cas autour de la table…). L’arbitre sermonne Alberto, et quelques minutes plus tard, je vois ce même joueur en train de discuter en salle d’analyse avec Levon Aronian et Pavel Tregubov. Dans mon meilleur anglais(…) je lui fais remarquer qu’il n’a rien à faire là. Il tente de me répondre mais je lui coupe la parole pour l’engueuler. Il réessaye, mais là je m’énerve. Pavel m’a expliqué plus tard qu’il tentait de me dire qu’il avait fini sa partie.

8.Quelles sont vos autres activités et passions ?

J’aime tous les jeux en général, en particulier les jeux de cartes. Ca pourrait me prendre des journées entières. Je suis également passionné de sport, celui devant la télé quoi… Fan inconditionnel de l’OM depuis 1991. J’aime énormément le cinéma, c’est également une passion qui occupe une grande partie de mon temps. Je suis un grand fan d’Almodovar et de Clint Eastwood, aussi bien acteur que réalisateur.

Bon à part ça, évidemment, les sorties avec les copains, comme tout le monde je pense. Je ne pense pas être spécialement tristes à ces occasions ;)

9.A quoi ressemble une journée type de Jean Baptiste Mullon ?

Bon, je ne vais pas faire une réponse à la Luc Bergez, on va rester dans le correct, toujours !

Lever, café, clop (et oui, accroc aussi), L’équipe (aaaah),Déjeuner Boulot au club de 13 heures à 20 heures, parfois plus tard.

Diner, la plupart du temps avec des amis.

Activités nocturnes : ciné, boîte, poker, ou... autres.

Bon c’est une journée du quotidien, quoi.

Suite de l'interview ici

Publié dans Les INTERVIEWS

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plomberie paris 15/02/2015 20:02

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement