Secondant : détour sur un travail pas comme les autres…

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Le travail de secondant :

Dans un très bon article paru dans le journal l’ « ABC Espagnol », les secondants espagnols de Topalov et de Kramnik nous parlent de leur travail:

En reprenant des extraits de l'article Espagnol, Echecs Mag vous propose un article nommé:

Secondant : détour sur un travail pas comme les autres…

Présentons d’abord ces deux secondants:

Miguel Illescas (en photo à gauche) est un GMI espagnol âgé de 41 ans. Avec un élo de 2620, il est le numéro 3 espagnol. Il est l’unique secondant à avoir contribué aux deux sacres mondiaux de Kramnik (face à Kasparov à Londres et face à Topalov à Elista). Miguel Illescas se définit comme un gourou : « Indépendamment des conseils que j’apporte comme entraîneur ou comme ami, j’essaie de donner mon opinion sur la personnalité de l’adversaire et sur les caractéristiques du match »

Francisco Vallejo (en photo à droite) est un GMI espagnol de 24 ans. Il est actuellement le 2e joueur espagnol avec un élo de 2674. Il a été un de secondant de Topalov lors du championnat du Monde d’Elista. L’espagnol est reconnu comme un grand expert en matière d’ouvertures. La preuve en est que les deux victoires de Topalov se sont construites grâce à un travail préparatoire de Francisco Vallejo. « Kramnik change à peine ses ouvertures. Mon travail était de trouver de nouvelles idées dans ses ouvertures ». Vallejo revendique que son équipe est sortie victorieuse dans cette phase du jeu, puisque Topalov « jouait presque toujours mieux dans l'ouverture ».

Le travail d’Illescas était différent : « Kramnik a ses propres idées. Son principal problème est le manque de temps. Cele ne lui permet pas de vérifier si elles sont correctes ou pas. Ainsi, il te montre son idée et te demande de l’étudier».

Miguel estime lui que Kramnik a mené l’ouverture la ou il le souhaitait : « En comparant le duel à un match de boxe, je peux dire que Kramnik était le joueur plus fort, il occupait le centre de ring et cherchait toujours le combat, tandis que Topalov sautait autour de lui. Il a tenté une stratégie consistant à étonner Kramnik avec quelques nouveautés douteuses d'ouverture, mais à quel prix…». « Je suis complètement sûr que Topalov bluffait. Il a choisi cette stratégie pour obtenir un avantage à la pendule et prendre l’ascendant psychologique. Kramnik est un joueur beaucoup plus classique, seules quelques coups vont juste à l'encontre ses principes ».

Les ordinateurs dans la préparation:

L'utilisation des ordinateurs est devenue essentielle pour un joueur d'échecs. Pour Illescas, « le fonctionnant idéal est l’association d’un ordinateur et deux entraîneurs : l'un se concentre exclusivement à trouver les nouveautés, et l'autre entraîneur consulte l'ordinateur. Celui ci peut être très utile dans certaines positions ». « Mais l'ordinateur a besoin d'orientation correcte pour être très performant. »

Vallejo ajoute que l'ordinateur n’est pas assez « subtile ». « Parfois l'ordinateur ne comprend pas une idée et il lui est pratiquement impossible de démontrer que celle ci est correcte. L'analyse de la machine doit conduire à l’échec et mat pour que l'idée soit retenue ».

Il est tout à fait aisé  de comprendre que le travail de secondant n’a pas de limites « Le mot syndicat ne fait pas partie du vocabulaire de Kramnik », assure Illescas. « Même en pleine nuit, il peut vous réveiller et vous demander de « d'examiner un petit problème qu’il a trouvé dans une variante».

« Quelques jours, avant le début du match nous travaillons jusqu’à 4 heures du matin » précise Vallejo, « Nous nous sommes reposer quand les joueurs ont commencé le match ». Illescas confirme cela : « le seul moment où nous pourrions respirer était pendant les matchs. Nous etions sûr qu'il ne serait pas présent pour nous demander d’étudier une variante pendant au moins trois ou quatre heures ».

Publié dans Les DOSSIERS

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