Le responsable de l'équipe du Top 16 de Vandoeuvre: Vincent MORET

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Vincent Moret nous dit tout:

1.Présentez-vous :

Etudes de lettres, et enseignant en allemand (brièvement), avant de bifurquer vers le journalisme. J’ai travaillé notamment pendant une dizaine d’années pour le quotidien l’Est Républicain, avant de bifurquer, cette fois vers … les échecs (professionnellement). En 2004, j’ai pris la succession d’Olivier Letréguilly au poste de sélectionneur national des jeunes. Pour l’anecdote, c’est Jean Bertrand, l’ancien président qui m’avait engagé à mi-temps à la FFE pour m’occuper du secteur haut-niveau jeunes, et c’est Jean-Claude Moingt, le nouveau président, qui vient de me passer à plein temps. Une belle marque de confiance.

(En photo: Vincent Moret avec l'équipe vice championne de France 2006 dont il était le capitaine)

2.Présentez-nous le club de Vandoeuvre-lès-Nancy (les équipes, les salariés, les bénévoles, les locaux, les tournois organisés, les partenaires privés et publics…)

Le club de Vandoeuvre est encore un tout jeune club qui vient de fêter cette année sa 10e bougie. Il est né en 1996 à l’initiative de Françoise Nicolas, le Maire de Vandoeuvre, et du Docteur Gérard Perot, qui a été pendant longtemps président de l’Echiquier Nancéien, et l’a notamment hissé jusqu’en Nationale 1.

J’ai eu la chance (j’estime que c’en est une !) de faire partie des membres fondateurs et de vivre l’aventure depuis ses débuts.

Le nouveau club n’a pas perdu de temps et a gravi les 6 divisions des championnats interclubs en … 6 saisons pour se retrouver en Top16 en 2002. Un cas sans doute unique en France. D’autant plus que les jeunes ont suivi la même progression fulgurante et se sont retrouvés en trois saisons en Nationale 1 jeunes.

Aujourd’hui, Vandoeuvre, c’est une équipe en Top16 adulte, une équipe en Top12 féminin, une équipe en Nationale1 jeune, et des équipes dans toutes les divisions à partir de la Nationale3. Plus un très fort open international entre Noël et Nouvel An.

Le club, soutenu sans réserve par la municipalité de Vandoeuvre et toutes les collectivités locales (Conseil Régional et Général, Grand-Nancy), compte actuellement deux salariés : Jean-Jacques Charbonnel à plein temps, et Cédric Paci à mi-temps. Le MI Christophe Philippe intervient ponctuellement pour donner des cours aux jeunes et aux adultes.

Mais le club de Vandoeuvre ne serait rien sans son président Gérard Simon, qui vaut assurément plus de 2700 dans sa fonction.

Sa discrétion n’a d’égal que sa disponibilité et son efficacité. Malgré une profession qui l’occupe plus de 10 heures par jour. C’est l’homme des dossiers et un peu l’homme à tout faire. Aussi bon chauffeur que cuisinier.

Son seul défaut : il met encore quelques pièces en prise quand il s’assoit devant un échiquier. Mais bon, on peut quand même pas trop lui en demander.

(En photo: l'Open de Vandoeuvre)

3.Quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon capitaine ?

Ouh la… Je ne sais pas de trop… Ou plutôt, si, peut-être, mais je me rends compte que je ne les ai pas toutes… (rires)

D’ailleurs, je ne serai vraisemblablement plus capitaine pour cette saison. Tout simplement parce que je prends un peu de recul en raison de mes fonctions fédérales.

4.L’équipe 1 vient de remonter dans le top 16. Décrivez nous la saison de l’équipe 1 l’année dernière en Nationale 1.

Vandoeuvre a connu la première (et pour l’instant la seule !) descente de son histoire il y a deux ans. Après une courte réflexion, il a été décidé d’essayer de remonter immédiatement. Nous avons conservé tous nos GMI, et, paradoxalement, c’est le moment qu’ont choisi pour nous rejoindre le MI Christophe Philippe et Cédric Paci qui jouaient alors en Top16 avec Nancy.

En Nationale 1, nous avions une équipe sans doute encore plus forte que l’année précédente en Top16.

Trois rondes avant la fin, nous étions déjà assurés de remonter.

Outre la bouillabaisse mangée sur le port de Marseille (EN PHOTO) avec les GMI Kasimdhzanov, Lutz, Hracek et Ward, le grand moment de la saison restera la dernière ronde, à domicile, face à la très forte équipe du ChessXV. L’enjeu, symbolique, était la première place du groupe.

Sans aucun GMI, et avec que des joueurs locaux, on a passé 6-1 aux Parisiens qui jouaient pourtant avec 4 GMI (200 points d’écart sur quasiment tous les échiquiers !). On croyait rêver. Pas sûr qu’on puisse leur refaire le même coup cette année…

5.Avec les arrivées de NIJBOER Friso et de NEZAR Mustapha, quels seront les objectifs fixés pour la prochaine saison ?

Deux arrivées toutes naturelles, puisque les deux joueurs arrivent de Nancy qui s’est retiré du Top16.

Les années passées en Top16, Vandoeuvre avait défrayé un peu la chronique en levant le pied face aux équipes très fortes.

Le raisonnement était fort simple : pourquoi aller dépenser de l’argent en alignant des GMI dans des matchs que nous aurions perdu quand même ? En aucune façon, nous n’avons faussé le championnat, puisque, encore une fois, nous n’avons perdu que des rencontres que nous n’avions aucune chance de gagner, même au complet.

Cette année, la stratégie sera différente. Tout simplement parce qu’avec l’équipe que nous aurons, nous pensons avoir une chance contre tout le monde.

Notre objectif sera avant tout le maintien, bien sûr, mais avec quelques ambitions supplémentaires : essayer d’accrocher la poule haute pour la première fois de l’histoire de Vandoeuvre.

(En photo: Friso Nijboer, Gérard Simon, et François Muller, adjoint au Maire - le trio gagnant pour Vandoeuvre)

6.Les joueurs vus par le capitaine : Présentez nous les principaux joueurs de l’équipe 1 : (KASIMDZHANOV Rustam, LUTZ Christopher, GLEK Igor, WARD Christopher, JANSA Vlastimil, NEZAR Mustapha, BRUNNER Nicolas, PHILIPPE Christophe, PACI Cédric et KLIPPER Rebecca) ?

C’est une équipe à coloration très locale. Cette année, Vandoeuvre présentera en effet la particularité de n’évoluer qu’avec des joueurs français du ″crû″ (tous Lorrains).

Rustam Kasimdhzanov : la star de l’équipe. On a eu beaucoup de flair (et de chance !) de le faire signer à Vandoeuvre juste avant qu’il ne devienne champion du monde. Lorsque nous sommes descendus l’année dernière, nous pensions qu’il allait nous quitter. A notre plus grande surprise, il nous a demandé de pouvoir continuer avec nous, en expliquant qu’il préférait rester dans une équipe où il se sentait bien, même si c’était pas en Top16. La grande classe.

Christopher Lutz : Un très fort joueur. Très professionnel et tout autant sympathique. (En photo avec Vincent Moret)

Igor Glek : des résultats parfois en dents de scie, mais un nom qui fait toujours peur et qui inspire le respect sur l’échiquier. Fidèle à Vandoeuvre depuis la Nationale 2.

Christopher Ward : Grâce à lui (ou à cause ?!), tous les jeunes de Vandoeuvre jouent aujourd’hui le Dragon. Le boute-en-train de l’équipe. Dans la vie comme dans ses livres. Toujours plein d’humour.

Vlastimil Jansa : Un ancien membre de l’équipe Tchèque de … foot ( !) La légende de Vandoeuvre. Une expérience énorme. C’est le premier GMI à avoir rejoint l’équipe dès la N3. Très investi dans le club.

Mustapha Nézar : Mouss pour les intimes. Certainement le plus fort joueur français encore non-titré.

Nicolas Brunner : Le "Brunico". Fait partie de Vandoeuvre depuis ses débuts. Je lui ai quasiment appris la marche des pièces quand il était poussin. Est resté mon élève pendant des années. Aujourd’hui, il faut bien dire que l’élève a (largement) dépassé le maître.

Christophe Philippe : Le Maître (avec un M majuscule) de l’équipe. Organisateur du très réussi Festival de Meurthe-et-Moselle (en février). Allez voir son site internet : http://philippechess.free.fr/

Un modèle du genre pour un site perso.

Cédric Paci : encore un joueur que j’ai vu naître échiquéennement. J’étais à ses côtés lors de son match de départage pour le titre de champion de France pupille face à Robert Fontaine ( !). C’était il y a bien longtemps. Cédric avait gagné. Dommage qu’il n’ait pas suivi ensuite le même parcours que Robert.

Rebecca Klipper (en photo) : Rébi pour les intimes. Plusieurs fois championne de France chez les jeunes. Elle, je peux presque dire que je l’ai vu naître…tout court. Je la connais depuis plus de 15 ans...

Sans oublier le GMI Bachar Kouatly, notre joker de luxe, qui nous fait l’honneur de jouer quelques matchs à chaque saison.

7.Selon vous, quel sera le podium du Top 16 ?

ChessXV, Clichy et Cannes. Un tiercé qui ne devrait pas rapporter beaucoup cette année au niveau de la côte.

8.Quel est environ le budget total du club ? Quel est environ le budget alloué pour l’équipe évoluant dans le Top 16?

Difficile de répondre précisément. Surtout quand il s’agit de question d’argent. Les Français ont toujours du mal de dire ce qu’ils ont dans le porte-monnaie (rires).

Bon, sérieusement, on peut dire environ 75 000 € pour le club, et environ 1/3, soit 25 000 € pour le Top16. Sans doute un peu moins, d’ailleurs, puisque cette année, il n’y a plus que huit joueurs.

9.A quoi ressemble une journée type de Vincent Moret pendant un week end du Top 16 ?

Rien de particulier. Guère différente d’une journée normale. Sinon qu’elle se termine invariablement par l’incontournable repas en commun. Qu’on ait gagné ou perdu.

La suite de l'interview ici

Publié dans Les INTERVIEWS

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