Le responsable de l'équipe du Top 16 de Vandoeuvre: Vincent MORET

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Début de l'interview ici

10.Quelle est l’anecdote la plus insolite que vous ayez vécue en tant que responsable d’équipe ?

On va dire insolite et sympa (les autres, on préfère les oublier)

Deux me viennent à l’esprit, mais il y en a certainement d’autres.

Lors de notre 1ère saison en Top16, le GMI Olivier Renet jouait avec Vandoeuvre. A l’occasion de la 2e phase, on lui a fait remarquer malicieusement qu’il pouvait être le père de tous ses coéquipiers. On vous laisse imaginer sa réaction. Un sacré coup de vieux (rires)

On jouait effectivement avec des jeunes comme Anthony Wirig, Nicolas Brunner, Elisabeth Paehtz, ou encore Rebecca Klipper qui avaient tous moins de 20 ans. Je précise quand même que je ne jouais pas cette phase…

Autre anecdote amusante: notre retour en voiture de Port-Barcarès à l’occasion de la phase finale en 2005. C’est Rustam Kasimdhzanov (en photo), alors champion du monde, qui a conduit durant tout le voyage (800 km !). Comme quoi un champion du monde peut tout faire : même le chauffeur !

11.Comme il est d’usage dans Echecs Mag et pour mieux vous connaître voici des questions pas « échiquéennement » correctes :

L’attitude qui vous déplait la plus chez un adversaire : J’ai eu la chance, jusqu’à présent, de n’avoir encore jamais rencontré d’adversaires vraiment désagréables. Bon, j’aurais du mal de supporter l’arrogance ou la suffisance. Surtout si on me bat (rires)

Votre premier entraîneur : Je n’en ai jamais eu. Peut-être pour ça que j’ai ce niveau (rires). J’ai pris un seul cours particulier, pendant une heure, à Moscou, avec Alexandre Nikitin. Plus pour le prestige qu’autre chose, il faut bien le reconnaître, puisqu’à l’époque Nikitin était l’entraîneur de Kasparov. J’ai passé également une soirée privée chez le GMI Vassioukov, alors champion du monde des vétérans. Pas vraiment un cours à proprement parler, mais après le repas, on a évidemment regardé des échecs. Deux heures en tête à tête.

Votre meilleur entraîneur : Comme je n’en ai jamais eu, c’est difficile de juger sur pièces... Bon, je serais tenté de dire tous mes collègues et amis de l’équipe de France : Olivier Renet, Darko Anic, Xavier Parmentier… A part eux, j’ai beaucoup d’estime pour le GMI Jansa (En photo), qui encadre parfois l’équipe de Vandoeuvre.  C’est un puits de science, qui a une expérience phénoménale et d’une très grande disponibilité quand il s’agit d’analyser. Un très grand Monsieur de la vieille école.

Votre plus belle partie : La prochaine, j’espère…(rires) A défaut d’être la plus belle, celle qui m’a sans doute le plus marqué est la toute première que j’ai jouée en tournoi. C’était un open semi-rapide. J’avais une quinzaine d’années. Je me souviens que mon adversaire m’avait mangé toutes mes pièces. Je continuais vaille que vaille avec mon seul roi. Je ne connaissais pas encore l’abandon. A un moment, mon adversaire m’a pris le roi, à ma plus grande surprise. J’ai tenté une vague protestation, mais mon adversaire y a coupé court de manière péremptoire en m’assurant que de toute façon, ça ne changeait rien.

Plutôt jeu positionnel ou plutôt jeu tactique : Positionnel, aujourd’hui. Je n’arrive plus à calculer les positions compliquées.

Plutôt les Noirs ou plutôt les Blancs : Les Blancs, sans hésiter ! Pour le plus grand désespoir de mes coéquipiers qui doivent souvent me laisser cette couleur quand je joue. Une des prérogatives du capitanat (je n’ose pas dire de l’âge…) C’est vrai que la saison passée j’ai dû avoir 5 fois les Blancs pour 6 parties jouées. Mais c’est parce que les parties que je ne joue pas, on les compte avec les Noirs (rires) En fait, avec les Blancs, j’arrive bien souvent au même résultat (nulle), mais avec beaucoup moins d’efforts que lorsque j’ai les Noirs.

Joueur et joueuse préférés : Comme j’attache autant d’importance aux qualités humaines qu’à celles échiquéennes, je préfère parler des joueurs que je connais personnellement. Même si c’est toujours délicat de citer des noms. Quoique, dans le sens là, ça doit pas être forcément désagréable d’être cité…

Chez les garçons,  je dirai Christian Bauer. Je le connais depuis qu’il est pupille. C’est un joueur au style extraordinaire. Je me souviens de quelques nuits de blitz à Freyming (sa ville natale) où il me massacrait déjà en 5-1. J’ai jamais été très fort en blitz, mais quand même. Des choses comme ça, ça marque ! (rires) Malgré tout son talent, Christian n’a jamais pris la grosse tête, et est resté toujours aussi disponible et abordable.

Chez les filles, c’est peut-être encore plus délicat de citer un nom...lol Bon, là aussi, ça sera le cri du cœur. Disons simplement que j’ai un petit faible pour une jeune Française, que je trouve très talentueuse et, qui plus est, très sympathique, ce qui ne gâte rien. Je suis très "fan". J’espère qu’elle se reconnaîtra, si elle lit ça…(rires) Plus généralement, j’ai aussi beaucoup d’affection (une affection très paternaliste) pour toutes mes joueuses de l’équipe de France des jeunes.

Le tournoi le mieux réussi : Hummm… Y en a pas eu beaucoup (rires). Alors sans hésiter le championnat de Lorraine 1997. Pour des raisons totalement extra-échiquéennes. Je venais de perdre une amie très proche juste avant le tournoi et j’étais très affecté. Sa mère m’a demandé de jouer quand même pour elle. Ce que j’ai fait avec une motivation décuplée (voire même centuplée…) J’ai senti qu’il ne pouvait rien m’arriver sur l’échiquier. C’est d’ailleurs, il me semble, le dernier tournoi que j’ai gagné à ce jour.

Le tournoi le plus raté : Le dernier que je viens de faire. L’open d’été de Cannes. Mon ami Damir Levacic m’y avait invité et j’y encadrais quelques jeunes de l’équipe de France. Je me suis lancé pour jouer. Une chose que je n’avais pas faite depuis plus de trois ans en tournoi. Mal m’en pris. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la reprise fut difficile. Avec à la fin, un petit chèque d’une vingtaine de point élo à faire.

Le tournoi à ne pas rater: Le prochain. Dans trois ans, peut-être (rires)

Votre bête noire aux échecs : Le cavalier… J’ai toujours eu des problèmes avec les fourchettes…

Plat préféré : Pas un en particulier. La choucroute, le couscous, la paella, la fondue bourguignonne, ou encore le coq au vin (le coq n’est pas indispensable…) Tous les bons petits plats, en fait… Je suis très éclectique.

Boisson préférée : La Becherovka. Rien à voir avec la Vodka. La boisson traditionnelle tchèque. Un must incontournable quand on fait l’open de Pardubice… Plus soft, le thé à la menthe. Le vrai.

Emission préférée : Je regarde très peu la TV. Difficile de dire par conséquent quelle est mon émission préférée. Par contre, je peux dire sans problème celles que je ne supporte pas : toutes les émissions de télé-réalité, style l’Ile de la tentation, le milliardaire célibataire (même pas sûr du titre…) et autres trucs du genre sans aucun intérêt.

Livre préféré : Côté échecs, je vais dire la Boussole sur l’échiquier de mon ami Xavier Parmentier. Et même pas uniquement pour lui faire plaisir…(rires) J’aurais bien aimé avoir un livre comme ça quand j’ai commencé à jouer. En dehors des échecs, la trilogie des Fourmis de Bernard Werber. Un livre hallucinant. Surtout le premier tome.

Auteur préféré : A cause de ce qui précède, forcément Bernard Werber. Xavier Parmentier n’a pas encore la même bibliographie (rires)

Groupe préféré : Indochine. Le seul groupe que j’aurai vu cette année en concert. Et même à deux reprises. Je suis allé les voir pour la première de leur tournée en mars à Mogador à Paris, et je devrais y retourner pour leur dernière à Bercy en décembre. D’ailleurs, je vais y aller avec la joueuse ″préférée″, citée (implicitement) quelques questions plus haut (juste pour le cas où elle ne se serait pas reconnue… rires)

Film préféré : Pas un, mais plusieurs. De Charlie Chaplin. Les Temps modernes et le Dictateur. Charlie Chaplin y est, comme bien souvent, extraordinaire. Dans un tout autre style, "les Autres" d’Amenabar avec Nicole Kidman. La même veine que le 6ème sens, mais en beaucoup plus diabolique.

Acteur préféré : Louis de Funès ! Mes amis Olivier Renet et Xavier Parmentier ne seront pas surpris. Puisque pendant les stages de l’équipe de France, on se repasse souvent les meilleures répliques.

Sport préféré : Les échecs, bien sûr. Et toujours le foot. Avec mes deux matchs officiels par an, à l’occasion des stages de l’équipe de France des jeunes.

Ville préférée : Celle où j’habite. Nancy. Je ne l’ai jamais quittée. Même pour aller travailler dans les bureaux de la FFE à Saint-Quentin-en-Yvelines. Et toujours le même quartier. Je suis entré à l’école de ce quartier à l’âge de 2 ans. J’y suis encore pour donner des cours d’échecs.

Journal préféré (autre que les échecs) : L’Est Républicain. Obligé. J’y collabore depuis plus de dix ans.

Site internet préféré : Le préféré n’est pas forcément le plus utile ou celui sur lequel on va le plus souvent. Sinon pour moi, ça serait probablement celui de la SNCF. Je suis tombé sous le charme de la Guyane lors de mon premier voyage là-bas. Donc, tout naturellement, je suis également tombé sous le charme du portail de la Guyane :

Et tout particulièrement la galerie photos. Elles y sont magnifiques.

Pour les sites d’échecs, je vais être très "chauvin" : celui de la FFE !

Je ne dis même pas ça parce que je participe à sa mise à jour, mais parce que c’est vraiment un site très riche de par son contenu : actus, base des licenciés et des clubs, tous les résultats depuis plusieurs années, règlements, parties à télécharger, et bien d’autres choses encore. Peu de fédérations ont un site aussi complet que le notre. On oublie souvent de le dire.

Oh, et pis un petit coup de cœur également pour un site d’échecs.

Pour le blog d’une jeune joueuse française :

Sympa comme tout. C’est tout plein de fraîcheur et de naturel.

Le talent que vous auriez aimé avoir:

Etre un fort joueur d’échecs. Trop tard maintenant.

Votre occupation préférée, en dehors des échecs :

La sieste. Dans un hamac. J’ai découvert ça en Guyane.

Votre devise : Savoir se contenter de ce que l'on a. C’est cela la plus grande richesse (Lao Tseu)

Questions d'Olivier Coudrette et réponses de Vincent Moret

Publié dans Les INTERVIEWS

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