Kasparov

Publié le par Olivier Coudrette, rédacteur d'ECHECS Mag

Garry Kasparov est le portrait de la semaine du Figaro

Voici le portrait de Garry Kasparov dressé par le journaliste du Figaro, Christophe DORE, dans l'édition du 21 Avril 2007:

Kasparov pour une autre Russie
 
Drôle d'anniversaire pour Garry Kasparov. L'ex-champion du monde d'échecs fêtait ses 44 ans le vendredi 13 avril. Et cela ne lui a pas porté chance. Il était interpellé le lendemain alors qu'il se rendait à la manifestation organisée contre Poutine à Moscou. «Ils l'ont gardé assez longtemps pour qu'il ne puisse pas assister à la manifestation prévue le lendemain à Saint-Pétersbourg, raconte un de ses proches installé en France. Sa
notoriété, qu'on pourrait comparer à celle d'un Platini doublé d'un David Douillet, inquiète beaucoup le pouvoir en place», ajoute-t-il.
 
D'autant que Kasparov, à la différence des champions précédemment cités, est entré concrètement en politique en 2005 en fondant le Front civique unifié devenu Une Autre Russie. Ses objectifs ? D'abord, obliger Poutine à respecter la Constitution russe qui l'empêche de briguer un troisième mandat. Ensuite, constituer une opposition capable de présenter un candidat aux prochaines présidentielles de 2008.
  Né à Bakou, fils d'une Arménienne et d'un Juif, Kasparov a toujours eu cette image d'opposant. D'abord, quand il prend, en 1985 et pour quinze ans, le titre de champion du monde d'échecs à Anatoli Karpov, joueur proche de la nomenklatura moscovite. Ensuite, lorsqu'il affirme son antisoviétisme et une vision d'une grande lucidité quant à l'avenir de l'URSS. En 1989, alors qu'il déjeune avec deux ministres français, il leur dit : «Dans moins d'un an, le mur n'existera plus. Et ce ne sera pas grâce à Gorbatchev mais parce que les peuples l'auront voulu.» Les officiels français rient... Un mois et demi plus tard, l'Histoire basculait.
  Depuis, Kasparov a enfourché un autre cheval de bataille : celui des pauvres, spoliés par les milliardaires au service de Poutine. Il n'hésite pas à se montrer aux tribunes, où il côtoie les nationalistes bolcheviques. Récemment, il s'en expliquait au Financial Times par une image : «Quand vous êtes menacé d'un échec et mat en un coup, vous n'entreprenez pas une stratégie à long terme, vous survivez et vous rassemblez vos forces.» Alors Kasparov sillonne le pays pour convaincre les Russes de manifester leur opposition, malgré les craintes.
  Il nie profiter de financements d'oligarques exilés comme Boris Berezovski à Londres. Et pas question pour lui de quitter le pays malgré les menaces, et même si sa femme et son dernier enfant sont pour l'instant réfugiés à New York.
  Patiemment, Kasparov avance ses pions pour déstabiliser le «roi» Poutine. Et si son talent de stratège ne fait pas de doute, reste à savoir si son armée sera assez puissante.

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