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Jeudi 18 octobre 2007

Interview d'Edmond TOURRIOL, le scénariste du premier manga sur les échecs.

MANGA-zeitnot2.jpgPourriez-vous vous présenter aux lecteurs d’ECHECS Mag ?
Je suis scénariste de BD. De manga, plus précisément, dans le cas de ZEITNOT. Je suis marié, j’ai deuxenfants de deux et quatre ans à qui j’ai commencé à apprendre à jouer aux échecs. J’ai joué en compétitiondans ma jeunesse (National 4 à Cadillac) et j’ai même affronté Anatoli Karpov en simultanée. Il m’a bien calmé, d’ailleurs.

Depuiscombiendetemps écrivez-vous desscénarios ?
Depuis une dizaine d’années. Zeitnot est le premier à bénéficier d’une distribution aussi large, cependant.Auparavant, j’étais surtout identifié comme un traducteur de comics américain (j’ai adapté pour le marchéfrançais des titres comme Superman, Batman, Teen Titans…).

Vousvenezd’écrirelemangasurleséchecs. Pouvez-vous nousledécrire ?
Eh bien, l’héroïne de l’histoire s’appelle Tristana. C’est une ayatollah des études. Quand elle arrive au
lycée, àla rentrée, son objectif est d’être la meilleure possible. Elle pense à sa carrière future, à son CV, à tous cestrucs qui vous empêchent de vous amuser quand vous êtes jeune. Elle va se retrouver embarquée dans le clubd’échecs de son établissement et… la suite, ça se passe dans « Ouverture », le tome 1 de ZEITNOT !

Pourquoi avoir choisi les échecs ? Quels sont vos rapports avec le jeu d’échecs ?
Eh bien, j’avais envie de raconter une histoire de progression sportive. Vous savez, un peu comme Rocky. Enmanga, par exemple, ça serait Captain Tsubasa (Olive et Tom en VF) qui est aussi passé en dessin animé surfeu La Cinq. Je me suis dit que ça serait intéressant d’appliquer les codes narratifs des mangas de sport à unjeu comme les échecs. Quand j’en ai parlé à mon éditeur, il a tout de suite accroché, tout en me disant de faireattention à me démarquer du manga « Hikaru No Go » que je ne connaissais pas à l’époque. C’est un mangasur le jeu de go qui a beaucoup fait pour la popularité de ce jeu dans le monde occidental. Comme j’ai toujoursaimé les échecs, je me suis dit que ça pourrait être sympa d’intéresser le lectorat manga à cet univers.

Trois bonnes raisons de l’acheter ?
D’abord, pour l’aspect innovant de la démarche. Et quand je dis innovant, c’est à plus d’un titre. C’est un
MANGA-zeitnot.jpg mangafrançais (ou un « euromanga ») qui est donc inédit au Japon. Pour une fois, c’est la France qui aura la primeurde la lecture. Ensuite, la deuxième innovation, c’est le sujet abordé : les échecs. S’il existe déjà des mangas surle go ou sur le Shôgi (échecs japonais), ZEITNOT est le premier manga consacré à l’univers des échecs. Enfin, c’est un bon moyen de se détendre entre deux rondes d’un tournoi !

Dansquelmagasin pouvons-nous nousprocurerleTome 1 ?
Partout où on trouve des livres ! Librairies, Fnac, Virgin, etc. Même surLe plus simple, si vous ne le voyez pas en rayon, c’est de lecommander. Ça s’appelle ZEITNOT et c’est dans la collection « Shogun Life » des Humanoïdes Associés.

L’écrire d’une suite est-elle prévue ?
Bien sûr. EckyO, le dessinateur, et moi-même, travaillons déjà sur le tomeà l’heure actuelle. Nous pensons pouvoir publier trois ou quatre tomespar an.

D’autres ressources vous sont-elles nécessaires afin de pourvoir vivre de l’écriture ?
J’ai d’autres scripts en cours de publication chez divers éditeurs et jetravaille également au sein du studio MAKMA, qui est un studio de créationde BD qui intervient comme prestataire de service pour des éditeurs ou despublicitaires. Pour nos clients, nous réalisons des bandes dessinéescomplètes, des scénarii, des dessins, des couleurs, du lettrage… Et pourma part, je fais beaucoup de traductions de comics américains(notamment l’excellent Walking Dead pour les éditions Delcourt, en cemoment).

Votre trait principal de caractère ?
Je ne sais pas. J’allais dire la volonté mais est-ce bien vrai ? Je vais plutôt faire une métaphore échiquéenne. Disons que dans la vie, j’essaie de mettre en place une stratégie réfléchie, je positionne mes pièces et mastructure de pions. Et là, depuis peu, les choses ont commencé à murir au niveau éditorial et je joue maintenantdes coups tactiques.

Votre ligne de conduite ou de pensée ?
Ma ligne de conduite, elle est courbe et sinueuse mais elle reste fixée dans la direction que j’ai choisie il y alongtemps. Je me sens l’âme d’un raconteur d’histoires. Alors, je raconte des histoires. Dans la vie, je crois quepour avancer, il faut savoir bien s’entourer. Aux échecs, vous devez jouer contre plus fort que vous pourprogresser. Je fais pareil dans la BD : je bosse avec des tueurs !

Le livre: ZEINOT
Collection: SHOGUN LIFE
Prix: 6,95€

par Olivier COUDRETTE, ECHECS Mag publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Dimanche 16 septembre 2007
Interview Jean Baptiste MULLON:

mullon_jean_baptiste_mullon.jpgTout d’abord tous nos félicitations pour les deux acquis en 2007. Si le titre féminin a semblé plus facile à obtenir, la lutte fût intense dans le top 16.
Merci.
En effet, le titre de Top 16 est un peu arrivé comme une surprise, après une belle saison. Le Chess XV était parti pour ne pas faire de faux pas…
Les filles quant à elles n’ont pas réellement eu d’adversaires. Espérons que le Top 12 se renforce dans le futur. C’est une belle compétition qu’il faut essayer de développer, qui trouve à mon avis plus de sens que le maintien de l’échiquier féminin dans les compétitions mixtes.

Comment se prépare cette nouvelle saison à Clichy ?
Avec sérénité. Les deux titres acquis en 2007 ont donné beaucoup de moral et nos équipes de haut-niveau se préparent aux nouveaux défis de 2008.

 

Quels seront les objectifs du club ?
Conserver les deux titres de 2007, tout simplement. Et faire remonter les jeunes en N1 jeunes.
logo_clichy.jpg


"Nous pouvons annoncer l'arrivée de
... Magnus Carlsen"

Quels seront les principaux renforts des équipes premières ?
Nous n’avons pas cherché à nous renforcer de manière démesurée. Lorsqu’une équipe tourne bien, il est risqué de greffer de nouveaux éléments, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Bien entendu, nous nous sommes intéressés à la chute de Chess XV et à la descente de Paris Chess Club. Beaucoup des joueurs qui formaient l’ancien NAO se sont retrouvés sans club cet été. Ce n’est plus le cas maintenant. Le plus important était en fait plus de veiller à ce que ces joueurs ne renforcent pas trop la concurrence. Nous avons notamment approché Etienne Bacrot, mais Etienne a choisi un club modeste de Top 16 qui devrait beaucoup gagner avec son arrivée. C’est très bien ainsi, le Top 16 a besoin de plusieurs forts clubs pour exister. De la même manière, le champion de France Vachier-Lagrave a choisi Evry, qui relève la tête après une période difficile.
Nous avons toutefois connu quelques difficultés lors de la dernière phase, car nos deux lances-roquettes (Jakovenko et Nisipeanu) étaient indisponibles. Cela aurait pu nous coûter cher. Nous avons donc recruté deux forts étrangers pour renforcer l’équipe dans les moments importants. Les tractations ne sont pas encore terminées avec le premier, donc je reste prudent. Mais nous pouvons annoncer l’arrivée d’un des meilleurs joueurs mondiaux, à savoir Magnus Carlsen ! Nous espérons que son planning très chargé lui permettra néanmoins de jouer aussi souvent que possible.

i_am_the_best.jpgMagnus Carlsen se dirige vers Clichy !!


Chez les filles, Sophie Milliet nous a quitté. Sa maman, présidente de Montpellier, a enfin trouvé les fonds pour l’accueillir dans son propre club. Son départ était alors inévitable. Nous regretterons Sophie qui a fait deux saisons exemplaires avec nous. L’Ukrainienne Inna Gaponenko épaulera donc Almira Skripchenko et Antoaneta Stefanova pour mener nos filles vers le titre.

Chez les jeunes, Maxime Lagarde nous a rejoint. C’est un jeune talent qui avait déjà des contacts avec d’autres joueurs du club, et qui vient s’épanouir chez nous. Romain Edouard, Axel Delorme et Maxime disputent d’ailleurs dès le 14 septembre le championnat d’Europe des jeunes. A terme, j’espère que ces trois joueurs formeront l’ossature du Top 16…


Comment voyez vous cette prochaine saison du Top 16 ?
Elle va être palpitante, j’en suis sûr. On commence avec un choc contre Montpellier lors de la ronde 1. Montpellier à de très hautes ambitions pour cette année. Outre Sophie Milliet, Christian Bauer et Loek Van Wely composeront l’équipe.
Ce sera peut-être l’année de Cannes, qui a recruté Igor Nataf. Beaucoup d’autres clubs restent également très solides.
C’est la première année où le Top 16 ne comptera pas « de club de mécène », alors tout est ouvert à mon avis. On devrait être vus comme les favoris par nos adversaires, ce qui n’est jamais évident, car les motivations sont toujours décuplées…
Mais nous avons les moyens de nous défendre !

J’aimerais revenir sur un point qui a surpris de nombreuses personnes l’année dernière. Quelles ont été les raisons ayant conduit au licenciement de Manuel Apicella ? Sera-t-il remplacé cette saison par un nouveau CDI ?
Manu est encore au club, il est même l’un des meilleurs buteurs du Top 16 de l’an passé. Son contrat s’est arrêté pour des raisons strictement économiques. C’est toujours pénible, mais le point positif, c’est que cela a permis à Manu de rejoindre sa compagne dans le sud de la France, de se marier et d’être un heureux papa… Et encore une fois, il fait toujours partie de l’équipe !
olivier_renet.jpg

Olivier Renet, entraîneur de Clichy.

Le poste occupé par Manu ne convenait pas à nos moyens. Nous payons donc maintenant un autre entraîneur pour nos meilleurs jeunes, à la pige. C’est moins contraignant. Cette souplesse nous met moins en danger. C’est désormais Olivier Renet qui fait le bonheur de nos jeunes pousses !

par Olivier Coudrette, ECHECS Mag publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Mardi 26 juin 2007

Haussernot-C--cile.jpgCécile Haussernot a remporté le titre de Championne de France Poussines pour sa première année dans cette catégorie. Ce succès est son deuxième titre consécutif après celui obtenu en Poussinettes l’année passé. Déjà classée 1810 ELO, Cécile progresse en suivant les parties des autres joueurs lors des tournois et en jouant sur internet.

 

 

Comment as-tu vécu ton tournoi ?

J'ai bien vécu mon tournoi car il faisait très beau et les conditions de jeu étaient très bonnes. Nous avons eu pourtant des problèmes avec notre voiture durant tout le tournoi, ce qui m'a même fait arriver à l'une de mes parties avec plus d'une demi-heure de retard. Je suis aussi tombée dans la rivière...Tout cela a mis du piment dans mon tournoi !

 

3e participation aux Championnats de France et 2e titre consécutif après celui remporté l’année passée à Aix Les Bains en Petites Poussines, quel est ton secret ?

J'ai fait beaucoup de progrès ces deux dernières années car, la saison dernière, j'ai pris des cours avec le MI Alexei Chernuschevich de la TPG de Besançon. Il m'avait vue jouer à l'un des tournois. Il n' y a que des cours pour les enfants dont le niveau n'est pas très élevé à mon club, l'Echiquier Lédonien et, cette saison, j'ai bien cru que je n'allais pas pouvoir faire de progrès car je ne pouvais plus aller à Besançon. Heureusement notre président qui est très dynamique a réussi à organiser un stage collectif de 3 heures par mois donné par le MF Pierre Meinsohn. Cela m'a permis d'être de nouveau championne de France, des Poussines.

Je joue aussi assez souvent sur Internet et je participe à des tournois dans ma région. Je dois dire merci à mon papa qui m'accompagne partout où je vais bien que son niveau de jeu soit extrêmement bas et qu'il ne puisse pas m'aider.

 

Lors de tes 2 titres, tu n’as pas connu la défaite (15 victoires et 3 nulles). Appréhendes-tu le jour où tu perdras de nouveau ?

Je préfère ne pas y penser !

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

J'aimerais encore être championne régionale des Féminines en parties rapides comme je l'ai été cette saison. C'est ma plus belle réussite car les joueuses de Besançon étaient très fortes et j'ai réalisé un 7 sur 7. Le Championnat de France à Metz du week-end dernier était vraiment bien. Les joueuses avaient un niveau élevé et je me suis classée 15ème sur 48. J'aimerais bien encore participer l'an prochain à ce championnat qui était très sympa.

J'aimerais bien sûr aller aux championnats d'Europe et du Monde.

J'aimerais aussi avoir un entraîneur qui pourrait me donner un cours chaque semaine la saison prochaine. Là, je pense que je ferais vraiment beaucoup de progrès !

 

 

Photo transmise par Charles Haussernot

 

 

Retrouvez toutes les interviews des autres champions de France (Sébastien Feller, Mathilde Choisy, Alain Genzling, Mathilde Congiu, Thomas Saatdjian, Valérie Forgues, Margaux Lefèvre, Antoine Manœuvre, Maha Eid, Quentin Loiseau) et du sélectionneur national dans la partie Interview.

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Vendredi 1 juin 2007

LOISEAU-Quentin.jpgQuentin Loiseau est devenu Champion de Franceanti_bug_fck Pupilles pour la première fois. Ce titre est le fruit d'une bonne préparation tout au long de l'année avec un entraîneur qui a déjà formé plusieurs champions Xavier Parmentier.
 
 
Sans Jules Moussard, tu étais le grand favori, comment as-tu géré la pression ?
Il n’y avait pas réellement de pression, juste une forte envie de réussir au moins le podium.
 
Comment as-tu vécu ton tournoi ?
J’étais avec le club de Créteil, la bonne ambiance et la préparation ont été la clé de la réussite. J’ai aussi eu de la chance dans les parties contre Armand Jouanneau, Luc Leriche et Garry Giroyan.
 
Tu connais une progression régulière, quel est ton secret ?
Un entraînement régulier avec mon entraîneur du club de Chaumont Chess 2000, Venceslas Jeannette depuis plusieurs années maintenant et depuis l’an passé avec Xavier Parmentier. Xavier m’a aussi appris à travailler à la maison (entre 3 et 4h/semaine).
 
A part une 4e place en 2004 en Petits Poussins, tu n'avais jamais obtenu de bons résultats. Que ressens-tu un mois après ton titre ?
Si je n’ai jusque là pas eu de place d’honneur aux Championnats de France Jeunes, je n’en ai jamais eues de très mauvaises Je commençais souvent assez fort et je jouais les meilleurs aux dernières rondes.
 
Quels sont tes objectifs maintenant ?
Des bonnes places aux Championnats d’Europe et du Monde à l’automne et une deuxième saison en équipe de France.
 
 
Retrouvez les autres interviews des Champions de France et du sélectionneur national  ICI
 
Source de la photo : Site de la FFE

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Mardi 29 mai 2007

Olivier Letréguilly, sélectionneur de l'équipe de France Jeunes, a dévoilé la liste des 25 joueurs retenus pour intégrer l'équipe de France Jeunes qui disputera les championnats d'Europe Jeunes à Sibenik (Croatie) du 13 au 24 septembre 2007 et les championnats du monde Jeunes à Antalya (Turquie) du 17 au 29 novembre 2007.

Echecs Mag lui a posé des questions sur le mode de sélection et sur l’organisation des déplacements.

 

 

Comment effectuez-vous la sélection ?

Les instances fédérales fixent le nombre de places en Equipe de France des jeunes. A l'heure actuelle, il y a 25 places pour 10 catégories. Les champions de France de chaque catégorie sont retenus d'office, et il me reste donc une quinzaine de places à attribuer.

Le résultat au championnat de France est important, et d'ailleurs la qualification automatique des champions en atteste. Mais, souvent, un demi-point de plus ou de moins dans un championnat, ça tient à très peu de choses, et ce n'est pas un facteur fortement discriminant en termes de niveau de jeu ou de potentiel.

Je tiens compte, dans la mesure du possible, d'un ensemble de facteurs tels que l'ensemble des performances au cours de l'année écoulée, la dynamique de progression, l'âge, et la perception - forcément subjective - que j'ai de la qualité de jeu et du potentiel de développement. Mon souci est d'être le plus juste possible, et les performances priment sur les autres facteurs, qui n'interviennent que pour départager des jeunes qui sont très proches les uns des autres.

Des "critères" qui n'interviennent pas (cela devrait aller de soi, mais, au vu de certaines réactions, il semble utile de le préciser) sont ceux qui ne dépendent pas des jeunes : quels sont leurs clubs, leurs entraîneurs, leurs parents. Je ne peux pas non plus tenir compte de facteurs extra-échiquéens, comme le fait, par exemple, que tel ou tel cadet ait eu ou non à préparer son baccalauréat.

Cette année, la sélection a été très difficile à établir. A quelques exceptions près, la sélection de deux joueurs par catégorie ne posait pas trop de problème, mais l'attribution des 5 places restantes fut un véritable casse-tête, d'autant qu'elle suppose de se livrer à des comparaisons entre joueurs de catégories différentes, ce qui est toujours délicat. Je ne prétends pas que la liste des joueurs retenus soit indiscutable (quelle sélection le serait ?), mais elle est en tout cas mûrement réfléchie, et je ne l'ai communiquée que quand j'ai été sûr que plus de réflexion ne pourrait pas aboutir à une sélection réellement plus juste, fût-elle différente.

Il n'a pas été facile non plus d'établir la liste de la quinzaine de joueurs supplémentaires autorisés à participer hors Equipe de France aux championnats d'Europe et du monde. A ce sujet, je précise qu'il me semble très important de s'en tenir à un total d'une quarantaine de joueurs autorisés à participer. Dans le passé, des délégations d'une cinquantaine de participants français ont posé problème, et ne sont pas de nature à favoriser la concentration des jeunes sur leur tournoi.

 

Quelle est la logistique mise en place (déplacements, logements, entraîneurs) ?

Lors des championnats d'Europe et du monde, sur le plan financier, les membres de l'Equipe de France sont intégralement pris en charge par la Fédération. Le voyage leur est payé, de même que l'inscription au tournoi et la pension complète (dans les hôtels imposés par les organisateurs, car c'est de cette façon très contestable que fonctionne la FIDE). Pour une délégation d'une trentaine de participants, il y a généralement 5 ou 6 entraîneurs mis à leur disposition par le FFE, qui s'occupent de préparer les jeunes avant chaque ronde et d'analyser ensuite leurs parties. Souvent, des parents accompagnent leurs enfants, et ceux qui ne sont pas membres de l'Equipe de France (et qui doivent prendre en charge leurs frais de participation) ont parfois des entraîneurs privés, si bien que le nombre total d'adultes est souvent équivalent à celui de jeunes.

 

Y a-t-il des sessions d'entraînement préalablement organisées avant les compétitions ?

Un stage de 5 jours est prévu pour l'Equipe de France des jeunes à Aix les Bains, juste avant les championnats de France adulte. Les autres joueurs autorisés à s'inscrire aux championnats d'Europe et du monde peuvent participer à un stage un peu plus court, au même endroit, au même titre que tous ceux qui ont terminé dans les neuf premiers de leur catégorie. On pourrait souhaiter un stage supplémentaire avant chaque compétition, mais ce n'est guère compatible avec le calendrier scolaire.

 

Quels sont vos objectifs pour ces deux championnats ?

Il est difficile de répondre sans connaître la liste des participants. Ce que j'espère, c'est que tous les jeunes feront honneur à leur sélection, par un comportement exemplaire et autant que possible de bonnes performances. J'espère en tout cas que chacun prendra plaisir à jouer et trouvera dans ces championnats une source de progrès. Pour beaucoup, ce ne sera pas si facile, parce que si, au niveau national, ils sont habitués à lutter pour les premières places, au niveau international ils risquent de se retrouver dans la situation beaucoup moins motivante de jouer pour un peu plus que la moyenne, ou quelque chose de cet ordre. Vu la qualité de l'effectif, on peut cependant espérer quelques médailles, mais la concurrence sera rude.

 

Pour conclure, je voudrais vous remercier de m'avoir donné la parole, et dire quelques mots pour ceux qui sont déçus de ne pas se trouver sur la liste. Je comprends leur déception, mais quelle que soit la sélection, il y a forcément des déçus, et si eux avaient été retenus, ç'aurait été aux dépens d'autres jeunes qui auraient eu au moins autant de raisons qu'eux de trouver cela injuste. Cela ne les consolera sans doute pas, mais tout ce que je leur souhaite, c'est de réaliser de très belles performances à l'avenir pour intégrer à leur tour l'Equipe de France.

 

 

Liste des joueurs sélectionnés

Poussins : Cécile Haussernot, Noémie Joudelat (Filles) et Christophe Gelas, Guillaume Lamard, Benoît Purenne (Garçons)

Pupilles : Maha Eid, Sophie Aflalo, Julie Fischer (Filles) et Quentin Loiseau, Jules Moussard (Garçons)

Benjamins : Margaux Lefevre, Salomé Neuhauser (Filles) et Antoine Manoeuvre, Maxime Lagarde, Bastien Dubessay (Garçons)

Minimes : Valérie Forgues, Laura Fernandez (Filles) et Thomas Saatdjian, Sébastien Feller (Garçons)

Cadets : Mathilde Congiu, Natacha Benmesbah (Filles) et Alain Genzling, Romain Edouard, Clovis Vernay, Axel Delorme (Garçons)

 
 

Retrouvez les interviews des champions de France  ICI

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Samedi 26 mai 2007

EID-Maha.jpgMaha Eid est devenue pour la deuxième fois Championne de France en remportant le titre dans la catégorie Pupillettes. La joueuse de Franconville nous livre le secret de sa réussite : une énorme motivation.

 

 

Comment as-tu vécu ton tournoi ?

Je l’ai vécu avec beaucoup de stress car mes concurrentes n’étaient  pas loin de moi mais avec énormément de motivation suite à mes défaites contre Salomé l’année précédente.

 

Tu t’étais déjà inclinée lors des départages pour le titre en 2004 à Reims contre Sophie Aflalo. Cette année, une victoire à la dernière ronde te donnait le titre. Comment te sentais-tu avant le début de ce match ?

Je crois que je n’ai jamais été aussi stressée que cette année, car si je perdais je n’étais pas sur le podium.

 

Tu es en compétition toujours contre les mêmes filles. Comment se passe la concurrence entre vous ?

Je suis plus motivée lorsque que je joue contre Sophie et Salomé mais cette année de nouvelles filles se sont montrées dangereuses.

 

Depuis ton 1er championnat de France en 2003, tu n’es jamais descendue du podium (3e en 2003, 2e en 2004, 1ère en 2005, 2e en 2006), comment expliques-tu ta constance au haut niveau ?

Je pense que pour une raison un peu mystérieuse, je suis particulièrement motivée au championnat de France. En tous cas, je parviens à être constante ce qui n’est pas le cas dans les Opens.

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

Progresser, découvrir des choses nouvelles et bien sûr, gagner d’autres compétitions.

 

 

Retrouver les interviews des autres champions de France jeunes  ICI

 

Source de la photo : Site de la FFE
par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS communauté : Echecs
Jeudi 17 mai 2007

Saatdjian-Thomas.jpgSébastien Feller parti jouer en Juniors, Thomas Saatdjian était le grand favori et il a tenu son rôle en remportant le titre de Champion de France Minimes, le 2e après celui gagné en 2003. En plus d'être un très bon joueur d'échecs, le membre du club de Bischwiller a la tête sur les épaules et nous parle de sa volonté de poursuivre de hautes études, un exemple à suivre pour tous les jeunes joueurs.

 

 

En l’absence du S. Feller qui jouait en Juniors, tu étais le grand favori. Tu as assumé ton statut en réalisant un parcours plein de maîtrise. Raconte-nous ton tournoi ?

Le Championnat de France dans ma catégorie est un tournoi différent des autres. Il y a à peu près une centaine de participants qui sont tous particulièrement motivés. Et il est rare que le grand favori, celui qui a le Elo le plus élevé, gagne, comme à Calvi en 2005. Il y a aussi une pression supplémentaire à la première table. Cette année, j'ai eu la chance de gagner mes 6 premières parties, celle du lundi matin avec une pièce en moins, et que mes adversaires directs ont perdu. Ensuite, j'ai géré mon avance.

 

Nouveau titre après celui remporté en 2003 en Pupilles, comment as-tu vécu la période entre ces deux victoires ?

C'est vrai que gagner un titre est un certain soulagement et on peut avoir tendance à être moins motivé par la suite. Néanmoins, lors de championnats de France 2004, 2005 et 2006, j'aurais pu aussi gagner le tournoi mais à chaque fois une perte dans une ronde décisive a été fatale.

 

Tu n’avais pas réussi ton Championnat du monde en 2004 (4.5/11). Cette expérience peut-elle te permettre d’aborder différemment cette compétition pour laquelle tu es de nouveau qualifié ?

En 2003 après mon premier titre, j'ai participé aux Championnats d'Europe et j'ai fini 6ème ex-aequo avec 6 points. C'était la meilleure perf de l'équipe de France lors de ces championnats. A la dernière ronde, j'ai battu un ancien champion du monde poussin. Ensuite, j'ai été aux Championnats du monde et après 9 rondes j'avais aussi 6 points et j'étais 11ème. Malheureusement, j'ai fini avec 6,5 points. A cette période je m'entraînais avec Valentin Lukov qui faisait partie des entraîneurs fédéraux. En 2004, il n'était pas avec la délégation française et cela m'a pénalisé. Par ailleurs j'étais aussi en première année de ma catégorie.

 

Ton frère Stéphane a également été Champion de France (en Poussins en 2004), comment se passe l’émulation entre vous deux ?

J'espère que mon deuxième titre le motivera suffisamment pour gagner l'année prochaine.

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

J'ai 15 ans et je passe en première S dans un lycée exigeant de Nancy. Je compte suivre en même temps ma carrière de joueur d'échecs et des études supérieures. C'est possible comme le montre Luke Mc Shane qui fait des études de mathématiques à Oxford. Plus près de nous, à Nancy, Nicolas Brunner est en train de finir une école d'ingénieurs tout en étant MI. Il est le plus fort joueur Lorrain, plus fort que les professionnels locaux. La plupart des jeunes espoirs de l'équipe de France ont mis leurs études au second plan, ce qui leur permet de participer à des tournois pendant l'année scolaire. De mon coté je vais jouer des tournois tout le long de l'été afin d'arriver en forme aux Championnats d'Europe en septembre. Mon objectif est de faire mieux qu'en 2003. 
 

 
Retrouver toutes les interviews des autres Champions de France  
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par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS
Mardi 15 mai 2007

MANOEUVRE-Antoine.jpgOn attendait Maxime Lagarde, grand favori par rapport à son classement et ses derniers résultats aux Championnats d’Europe mais c’est Antoine Manœuvre qui s’est imposé pour devenir Champion de France Benjamins après un tournoi solide. Il est parvenu à s’accrocher à Maxime Lagarde qui réalisait un sans faute après 8 rondes pour le battre à la dernière ronde puis remporter le titre lors de départages acharnés.

 

 

1er titre de Champion de France, que ressens-tu un mois plus tard ?

Je suis très content même si j'ai encore un peu de mal à y croire. J'ai toujours été bien classé dans le tournoi mais gagner la dernière ronde contre Maxime Lagarde qui a un Elo plus fort que le mien et qui n'avait perdu aucune partie jusqu'à ce dernier jour (j'avais perdu la 5ème ronde), c'était tout de même un peu inattendu pour moi !

 

Le dernier soir quand tu te couches, tu sais que si tu bats Maxime Lagarde le lendemain, tu as la possibilité de jouer les parties de départage pour le titre. Comment as-tu dormi ?

J'ai bien dormi même si j'étais un peu excité à l'idée de jouer le tournoi sur cette dernière partie. Si je gagne : je joue les départages. Si je perds : je peux retomber à la huitième ou neuvième place !

 

Comment as-tu vécu cette dernière journée et ton tournoi dans l’ensemble ?

Le tournoi s'est déroulé de façon idéale. J'avais 6,5 points après l'avant-dernière partie. J'étais en 2ème position derrière Maxime avec l'assurance d'être qualifié pour les Championnats de l'année prochaine. La dernière partie contre Maxime, c'était du bonus !

J'avais confiance en moi avant de commencer cette partie contre Maxime. Je savais que j'avais ma chance même si elle était infime. Pendant la partie, Maxime a longtemps eu une position meilleure que la mienne et l'avantage au temps (à un moment il ne me restait plus que deux minutes à la pendule alors qu'il en avait encore plus de trente) mais je ne me suis jamais découragé. A un moment, il a fait une légère erreur dans le placement d'une pièce et j'en ai profité pour reprendre l'avantage et gagner.

Les départages ont été longs puisque nous avons joué quatre parties : nous avons fait match nul aux deux premières mais j'ai finalement réussi à gagner les deux dernières.

 

A part une 6e place en 2005 à Calvi, tu n’as jamais brillé aux Championnats de France. Qu’est-ce qui a fait que cette année a été la bonne ?

Difficile à dire ! Cela fait un peu plus de quatre ans que je joue aux échecs, je vais m'entraîner dans mon club une fois par semaine mais je n'ai pas d'entraîneur particulier. Le petit plus par rapport aux championnats des années précédentes, c'est peut-être que pour une fois j'ai été complètement dans le tournoi dès le début et que je n'ai pas perdu de point dans les premières rondes. Le soutien tout au long de la semaine de mon entraîneur de club Maria Lecomte a certainement aussi été déterminant.

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

Bien réussir aux Championnats d'Europe et du Monde cet automne. Et pourquoi pas être Champion de France une autre fois ?

 

 

Retrouver 6 autres interviews de Champions de France  ICI

 

Photo transmise par Sophie Robert

par Antoine DUBOC publié dans : Les INTERVIEWS
Jeudi 10 mai 2007

LEFEVRE-Margaux.jpgMargaux Lefèvre est devenue pour la seconde fois Championne de France en remportant le titre dans la catégorie Benjamines. Entraînée par Yannick Berthelot, la joueuse de Ste Foy Lyon  montre que même sans grande structure autour d'elle comme pour d'autres vainqueurs (Evry, Bois-Colombes, Bischwiller ...), on peut réussir de grands résultats.

 

Comment as-tu vécu ton tournoi ?

De la meilleure des façons, j’étais venue en famille avec ma mère et ma sœur et nous étions logées dans un chalet proche du lieu de compétition. Je m’étais bien préparée à cette compétition qui dans l’année me semble majeure. Cela me permet aussi de retrouver tous mes amis de l’équipe de France et les filles de ma catégorie. De plus, la proximité de notre chalet permettait à mon entraîneur, Yannick, d’analyser mes parties ainsi que celles des 5 autres jeunes qu’il encadrait (Maxime Lagarde, Adrien Demuth, Pierre Barbot, Maeva Berthelot et Mathilde Savalle). Nous formions tous une équipe et cela m'a beaucoup motivée tout au long du tournoi.

 

Comment te sens-tu avant les parties de départage ?

J’ai abordé mes départages très sereinement. Le fait d’avoir gagné ma partie lente contre Salomé m’a donné confiance pour la suite. De plus, mon entraîneur m’a encouragé avant les départages et tout le monde y compris mes parents croyaient en moi !

 

C’est ton 2e titre de Championne de France après celui remporté en 2005 à Calvi. Pourtant tu viens d’un « petit club » (Ste Foy Lyon) où aucun joueur n’est classé au dessus 2000 ELO. Comment expliques-tu ta régularité au haut niveau ?

Ma victoire à Calvi m’a encouragé à travailler par moi-même et ma deuxième place l’année dernière à Aix-Les-Bains a incité ma mère à me prendre un nouvel entraîneur en la personne de Yannick Berthelot, avec qui je m’entends parfaitement. De plus, dans mon club, tous les joueurs m’encouragent fortement et croient en moi !

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

Je souhaiterais faire progresser mon ELO afin de pouvoir dans le futur obtenir une norme de Maître féminin et pouvoir rivaliser avec les meilleurs joueurs. En attendant, j’espère obtenir de bons résultats aux championnats d’Europe et du Monde.

 

 

Déjà disponibles les interviews de 5 autres Champions de France  ICI

 

 

Photo transmise par Margaux Lefèvre

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS
Lundi 7 mai 2007

Valérie Forgues a remporté le titre de Championne de France Minimettes. Même si l'on retrouve les 6 joueuses classées au dessus de 1900 ELO aux 6 premières places, elle a dominé le tournoi en remportant le titre une ronde avant la fin en devançant ses premières concurrentes de 1.5 point avec un score de 8.5 sur 9. 

 

Comment as-tu vécu ton tournoi ? 

J'ai toujours beaucoup aimé faire les Championnats de France. Ils me permettent de jouer contre les meilleures joueuses de ma catégorie mais aussi de voir des amis que je ne peux rencontrer qu'à ce tournoi. En même temps, le tournoi a été très stressant car je voulais vraiment le réussir. Il me fallait donc rester sérieuse, ce qui n'était pas vraiment facile. Heureusement que les conditions de séjour étaient bonnes avec le soleil tous les jours, tous mes amis qui m'encourageaient, ma famille qui y croyait autant que moi si ce n'est plus, mon entraîneur Matthieu qui faisait le maximum pour mes préparations et puis mon autre entraîneur au club, Julien, qui allait arrêter de fumer si je devenais championne de France ! Avec tout ça, je ne pouvais que réussir !

2e titre 5 ans après celui remporté à Hyères en 2002 en Poussines, que ressent-on dans l'attente d'un nouveau sacre ? 

En 2002, j'avais gagné mais c'était tout à fait inattendu et ayant seulement 10 ans je ne me rendais pas vraiment compte que c'était une performance. Depuis j'ai toujours réussi à finir dans les 15 premières mais sans rééditer mon résultat d'Hyères. Cette année, à la fin de ma dernière partie, j'étais sure d'être première mais j'avais beaucoup de mal à y croire d'autant plus que je suis en première année dans la catégorie minime; en même temps j'étais soulagée car le stress était fini et évidemment j'étais impatiente d'arriver à la remise des prix, aboutissement de cette super semaine. 

Tu connais une croissance régulière depuis quelques saisons, comment espères-tu conjuguer études et échecs ? 

Pour l'instant je n'ai aucun problème pour faire les deux puisque je suis en seconde. Par contre dans quelques années et en fonction des études que je ferai, il se peut que je sois obligée de mettre un peu les Échecs de côté comme l'a fait mon frère, mais dans tous les cas jamais je n'arrêterai complètement les échecs.

Tu n'as joué que 3 parties en Interclubs cette saison, Pau Henri IV descend en NIII, as-tu des envies de Top16 ou NI pour affronter les meilleures joueuses françaises ? 

Je ne joue pas beaucoup en Nationales adultes mais je joue par contre en NI jeunes au premier échiquier Minimes, ce que j'apprécie beaucoup. Je suis bien dans mon club et je n'ai donc pas pour l'instant envie de jouer en Top 16 ou en N1.

Quels sont tes objectifs maintenant ?

Faire de bons résultats aux Championnats d'Europe et du Monde mais aussi réussir à obtenir le maintien avec mon équipe en N1 jeunes.

 

 

 

Photos Transmises par Daniel Forgues

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS
Vendredi 27 avril 2007

Personne ne l'attendait et pourtant comme l'année dernière où il était parvenu à se hisser sur la 2e marche du podium, Alain Genzling a crée la suprise en décrochant le titre de Champion de France Cadet après une fin de tournoi au finish. Alors qu'il avait 1.5 point de retard à 2 rondes de la fin, il est parvenu à remonter son retard pour s'imposer dans les parties de départage face aux favoirs du tournoi (C. Vernay, C. Monsieux et A.Delorme)

 

Ce titre était inattendu pour le grand public, peux-tu te présenter rapidement ?

J'ai 17 ans et demi, je suis en terminale scientifique et je joue aux échecs depuis l'âge de 5 ans. J'ai appris à jouer au club d'échecs de Vendenheim (petite ville dans la banlieue de Strasbourg), club actuellement présidé par mon père. J'ai rejoint le club de Bischwiller pour renforcer l'équipe de Nationale 1 Jeunes lorsque j'ai atteint les 1800 ELO, il y a 6 ans. J'ai terminé l'an passé Vice Champion de France Cadet, ce qui me permit de faire partie de l'Equipe de France des Jeunes durant la saison 2006/2007.

 

 

 

 

 

Comment as-tu vécu ce Championnat ?

Le tournoi s'est déroulé de la meilleure des façons tout au long de la semaine. Les conditions de jeu et l'organisation étaient excellentes pour un Championnat de France Jeunes, et de plus la météo fut superbe. Venu avec ma famille (ma soeur jouant chez les Minimes filles et mon petit frère l'Open B), je me sentais en pleine forme à l'entame du Championnat, tous les ingrédients étaient réunis pour obtenir un bon résultat.

 

 

 

 

Comment te sens-tu entre ta victoire contre C. Vernay et le début des départages ?

Cette journée du dimanche 15 avril fut réellement riche en émotions. Lors de la dernière ronde, je devais battre Clovis avec les Noirs pour accéder aux matchs de départage. Alors que j'avais refusé la nulle, je me retrouve complètement perdu 5 coups plus tard. Mais Clovis loupe le gain et je finis par gagner contre le cours de la partie. A ce moment-là, je me sens très bien psychologiquement, mieux je pense que les autres joueurs à 7pts, et le blitz étant la cadence que j'affectionne le plus, j'ai abordé la séance de départages avec une certaine confiance.

 

 

 

 

Quelles sont tes impressions après une quinzaine de jours de recul ?

A chaque fois que je repense à ce Championnat, je suis moi-même surpris de mon résultat. Contrairement à la plupart des favoris dans la catégorie, je n'ai aucun entraîneur particulier durant la saison, je travaille seul et plutôt peu. Bien sûr j'avais pour objectif de terminer sur le podium, mais je ne pensais pas revenir à la maison avec ce titre !

 

 

 

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

A court terme, j'espère remporter le titre de Champion de France interclubs cadets, qui se déroulera à Bischwiller début mai, ainsi que le titre de champion de France scolaire avec mon lycée. Une fois le bac terminé, je compte jouer plusieurs tournois durant le mois de juillet, dont le tournoi à norme de MI de Bischwiller, afin de gagner un maximum de points possible.

 

 

Interviews de Mathilde Congiu, Mathilde Choisy et Sébastien Feller disponibles ICI

 

 

 

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS
Jeudi 26 avril 2007

Elle a pris la bonne habitude de truster la première place chaque année. Mathilde Congiu remporte un nouveau titre de Championne de France dans la catégorie Cadette. En plus, Mathilde ne contente pas d'être une forte joueuse, elle participe également au développement des échecs en Guyane.

3e titre consécutif de Championne de France, qui peut arrêter Mathilde Congiu ?

 Ouh la la, beaucoup de monde ! Je suis très contente de mon tournoi mais je sais qu'il reste énormément de chemin à parcourir avant de rivaliser avec de forts joueurs. J'espère que cela arrivera un jour ! :)

  

 

 

Comment as-tu vécu ton tournoi ?

 J'ai adoré. En effet, j'étais logée avec mon entraîneur Olivier Renet et son fils qui jouait l'Open A, ainsi que François Brethes qui jouait en catégorie Cadet et son père. Olivier entraînait également Bastien Dubessay en catégorie Benjamin. On avait vraiment une situation idéale : un gîte super et on mangeait comme des rois grâce au père de François. Et il y avait un véritable esprit d'équipe et de cohésion. On attendait chaque résultat avec impatience et appréhension. Je crois que cette ambiance a été primordiale et nous laisse à tous un souvenir sensationnel. Je regrette seulement que François n'ait pas fait le même parcours que l'année dernière et que Bastien n'ait pas eu le résultat qu'il escomptait.

  

 

 

Actuellement tu joues pour le club de Cergy-Pontoise en NII, n’as-tu jamais eu envie d’aller te frotter aux joueuses du TOP16 ?

Bien sûr ! Le Top 16 est quelque chose de très attirant et j'espère que je pourrai y participer bientôt. Cergy Pontoise est un club proche de chez moi avec une équipe en N2 dans laquelle on pouvait largement tourner.

  

 

 

Quels sont tes objectifs maintenant ?

 J'aimerais obtenir ma dernière norme de Maître Féminin pendant l'été. Et si par bonheur, je pouvais jouer le National Féminin, j'aimerais le réussir (ce qui n'a pas été du tout le cas les deux fois où j'y ai participé). A plus long terme, je souhaiterais pouvoir jouer les Championnats d'Europe ou/et du monde mais les études ne me le permettront peut-être pas.

 

 

 

Parle-nous rapidement de ton séjour en Guyane pour y développer les échecs dans les écoles.

 Ce séjour a été véritablement une grande expérience. Le but, au départ, était de donner des cours d'échecs à des jeunes Amérindiens (de 8 à 13 ans) qui vivent sur le fleuve Oyapock en Guyane. C'est l'instituteur de l'école, Daniel Baur qui a permis cette grande aventure. Vincent Moret et moi-même avons donc passé une semaine dans le village. La deuxième semaine, nous avons visité quelques écoles et organisé les championnats académiques. Finalement, le séjour a permis de développer les échecs. J'ai rarement vu un tel enthousiasme et un tel engouement. J'aimerais que ce développement se prolonge dans l'avenir. Il est question d'ailleurs que nous retournions dans le village pour entraîner 4 enfants afin qu'ils viennent au Championnat de France à Aix-Les-Bains cet été. Ce serait une grande première pour eux qui ne sont jamais sortis de leur village et qui n'ont jamais vu la métropole.

 

 

 

 

 

 

 

Déjà disponibles, les interviews de Mathilde Choisy et Sébastien Feller.

 

 

par Antoine Duboc publié dans : Les INTERVIEWS
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